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La Résistance

Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 01:21

 

Campagne-legislative-2012-7190.jpg

 

 

Ce 31 mai, la Fédération nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes se prononcera en assemblée générale extraordinaire à Paris sur son autodissolution justifiée « par la disparition des derniers témoins de la déportation, nonagénaires pour la plupart », selon sa direction nationale. Depuis, des mois, « les débats sont vifs  », admet Robert Créange, son secrétaire général, « incapable à ce jour de dire de quel côté penchera la balance ». Réuni ce dimanche en congrès à Avion, le « Pas-de-Calais » s’y opposera. « On veut poursuivre l’engagement de nos anciens sur le terrain d’autant que la tendance est à la résurgence des idées d’extrême droite », se justifie l’Avionnais Pierre Chéret, fils de déporté. « Si la FNDIRP disparaît, ce n’est plus la peine d’enseigner le devoir de mémoire dans les écoles. On ne peut pas oublier les atrocités commises », s’émeut Suzanne Delvallez, la secrétaire de l’association départementale de la FNDIRP, prête, le cas échéant, à poursuivre l’aventure sous un autre vocable. Dans le Pas-de-Calais, la FNDIRP revendique 116 membres. Ils porteront haut ses couleurs, ce dimanche 28 avril, à l’occasion de la Journée du Souvenir des Victimes de la Déportation.

 

 

Jacques KMIECIAK

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Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 07:07
 

Ceremonies-deportation-28-04-13--25-.JPGCe dimanche 28 avril se déroulaient les cérémonies du 68ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation. Je m'y suis rendu, accompagné d'Hervé Poly, secrétaire de la Fédération communiste du Pas-de-Calais et de plusieurs militants communistes de la section d'Hénin-Beaumont.

En présence de Marcel Germe, adjoint à la sécurité et de Marie-Christine Delahaye, adjointe aux relations publiques, les élus, les membres des sociétés patriotiques et les personnalités présentes ont assisté à un dépôt de gerbe au cimetière centre, puis au monument aux morts de Beaumont avant de se rendre au square Blanche Volanti où Hervé Poly, Michel Volanti et moi avons déposé une gerbe à la mémoire de Blanche, notre camarade déportée à la suite de la répression de la grève des mineurs de mai-juin 1941.
Enfin, tout le monde s'est rendu au square Jean Moulin.

Présents au cimetière centre et au monument aux morts de Beaumont, les frontistes, qui n'ont décidément honte de rien (l'extrême droite nationaliste dont ils sont les héritiers politiques assassinait et déportait les résistants à qui nous rendions hommage dimanche) avaient mystérieusement disparu au square Blanche Volanti et au square Jean Moulin. Visiblement, rendre hommage à la résistance communiste et gaulliste était au-dessus de leurs forces...

A l'issue de la cérémonie, Marie-Christine Delahaye a convié l'assistance à une prise de parole salle Jean Moulin suivie du traditionnel verre de l'amitié.

 

Lu sur le Blog PCF Hénin-BT

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Mercredi 24 avril 2013 3 24 /04 /Avr /2013 06:43

 

 

Historien amateur réputé pour ses travaux sur la Fédération du Pas-de-Calais du PCF, l’Arrageois Christian Lescureux travaille à établir la biographie des résistants exécutés dans le Pas-de-Calais durant l’Occupation. Un travail commandé par la Fondation Gabriel-Péri, « en lien avec le ministère des Anciens Combattants et des historiens de la Sorbonne comme Claude Pennetier, directeur du Maîtron ».

 

L’objectif serait de publier « en 2014, un Dictionnaire national des Fusillés de la Résistance ». Si l’itinéraire des 218 martyrs de la citadelle d’Arras lui est connu, des zones d’ombre subsistent quant aux parcours de dizaines d’autres patriotes repérés au gré de ses recherches aux Archives départementales. Pour « 70 d’entre eux, on n’a parfois que peu de renseignements hormis le nom, la date probable de leur exécution et le lieu. On sait par exemple que Maurice Falec a été exécuté à Lens, sans précision de date, que Marcel Aujouanel a été abattu en septembre 1941 à Vendin-le-Vieil, mais dans quelle circonstance ? Idem pour Eugène Dobin mort le 12 juin 1944 à Guémappe », révèle Christian Lescureux.

 

Aussi, lance-t-il un appel à la population susceptible de l’aider à compléter certaines biographies lacunaires. La liste complète de ces 70 partisans méconnus est disponible auprès de Christian Lescureux. Contacts : 03.21.55.30.71. ou c.lescureux@dartybox.com.

 

 

Jacques KMIECIAK

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Jeudi 7 mars 2013 4 07 /03 /Mars /2013 09:45

 

Le 21 février 1944 au Mont Valérien, près de Paris, les nazis procédaient à l’exécution de 22 partisans du groupe Manouchian (1) qui inspira la fameuse « Affiche rouge » de triste mémoire. Italiens, Polonais, Arméniens, Espagnols... Ces « métèques » honnis par la propagande hitlérienne sauvèrent l’honneur de la France. Deux d’entre eux avaient un lien avec le Lensois : Cesare Luccarini pour avoir vécu à Vendin-le-Vieil puis combattu l’occupant et ses alliés pétainistes du côté de Pont-à-Vendin et Rino Della Negra pour être né à Vimy en 1923. Le PCF leur a rendu un hommage appuyé ce jeudi 21 février.

L-hommage-a-Cesare-Luccarini-a-Pont-a-Vendin.jpg


Depuis une quinzaine d’années, à proximité du monument aux morts de Vimy, une plaque rappelle le sacrifice de Rino Della Negra. Fils d’un briquetier italien chassé de la péninsule par l’Ordre fasciste, Rino Della Negra gagne la région parisienne dès l’âge de trois ans. A 14 ans, il est embauché comme ajusteur par l’équipementier automobile Chausson à Asnières-sur-Seine. Comme lui, Inès Tonsi habite le quartier italien du Mazagran à Argenteuil. Elle en conserve le souvenir d’un garçon « très gentil et très propre, bien élevé. Ce n’était pas un parleur ». Il lui arrivait toutefois d’évoquer « le passé de son père qui a travaillé comme mineur dans le Pas-de-Calais ».

 

« C’était un crack ! »


Doué balle au pied, Rino évolue à la Jeunesse sportive argenteuillaise. En 1942, il intègre les rangs du Red Star. Le club mythique de Saint-Ouen vient, sous la houlette de sa figure emblématique, l’international Alfred Aston, de remporter la coupe de France de football ! Sans toutefois évoluer en équipe première, Rino s’entraîne avec l’élite du club audonien. Ailier droit doué d’une exceptionnelle pointe de vitesse, on le comparera à Ben Barek pour sa finesse. Rino Della Negra est promis à une belle carrière. « C’était un crack », se souvient Inès. Le Destin en décidera autrement. Réfractaire au Service du Travail obligatoire, il rejoint le 3e détachement des Francs-Tireurs et Partisans / Main-d’œuvre immigrée (FTP/MOI) dirigé par Missac Manouchian. 

 

Une tribune à son nom ?


« J’aimais ce gosse-là, un Italien qui défendait la France. C’était un héros ce môme-là », confiera plus tard Léon Foenkinos, alors capitaine du Red Star. Mise hors d’état de nuire du général nazi Von Apt, attaque du siège du parti fasciste italien, assassinat de l’officier SS Julius Ritter chargé de l’organisation du STO, Manouchian et ses hommes multiplient en 1943, les initiatives contre l’occupant dans la région parisienne. A l’automne, le réseau est démantelé. Blessé le 12 novembre lors d’une attaque avortée d’un convoyeur de fonds allemand, Rino Della Negra est arrêté. Inès Tonsi assiste à la scène, impuissante. « J’avais pour tâche de leur fournir des armes, puis de récupérer celles-ci et de les ramener à la maison à Argenteuil. A l’époque, les Allemands ne soupçonnaient pas les femmes. Après ça allait être plus chaud. J’ai vu quand ils ont emmené Rino, mais je savais qu’il ne parlerait pas », confie cette résistante communiste aujourd’hui âgée de 92 ans ravie à l’idée qu’une tribune du stade de Saint-Ouen pourrait porter le nom de Della Negra. Peut-être en 2014 pour le 70e anniversaire de son assassinat ? La demande en a été faite à la municipalité par le Collectif Red Star Bauer, une association de supporteurs pour qui « une étoile rouge ne meurt jamais ».

 

Et aussi Cesare de Pont-à-Vendin


Incarcéré à Fresnes, torturé, le natif de Vimy sera fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien dans les Hauts de Seine comme 21 autres compagnons d’infortune dont Césare Luccarini. Le nom de ce natif de Castiglione s’affiche sur une rue de Pont-à-Vendin, l’un des fiefs de la résistance italienne dans le Bassin minier. Au nom de la Fédération du Pas-de-Calais du PCF, c’est Jean-Michel Humez qui évoqua un parcours moins connu. Membre lui aussi d’une famille d’antifascistes italiens, Cesare Luccarini milite à la Jeunesse communiste. « Grillé dès les premiers mois de 1943, il est envoyé par la Résistance en Région parisienne où il poursuit le combat au sein des FTP/MOI. Il a 22 ans quand il est fusillé par les nazis », rappela Jean-Michel Humez. A Vimy et Pont-à-Vendin, des gerbes ont été déposées au pied des plaques rappelant leur sacrifice. Ils étaient « vingt et trois étrangers et nos frères pourtant. Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir. Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant » chanta Léo Ferré sur des paroles d’Aragon.

 


gugul-html-m65ed1c20Jacques KMIECIAK

 

  1. La Roumaine Olga Bancic fut décapitée en Allemagne en mai 1944.

Par hervepolypcf62.over-blog.com - Publié dans : La Résistance - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 22 février 2013 5 22 /02 /Fév /2013 17:48
Lu sur le Blog de David Noël PCF Hénin-Beaumont

Photo-hommage-Manouchian-Vimy-21-02-13--10-.JPGJeudi soir, je me suis rendu près du monument aux morts de Vimy pour rendre hommage à Rino Della Negra. La cérémonie était organisée par la section PCF d'Arras, conduite par René Chevalier qui a déposé une gerbe de fleurs et prononcé quelques mots d'hommage.

Membre du groupe Manouchian, Rino Della Negra est né à Vimy en 1923 de parents italiens. Ses parents ont ensuite déménagé en 1926 à Argenteuil en région parisienne où Rino Della Negra a travaillé en usine. Passionné de football, Rino Della Negra jouait au Red Star Olympique.

Réquisitionné pour le STO en 1942, il s'est engagé dans la clandestinité au sein du groupe FTP-MOI dirigé par Missak Manouchian et a participé à de nombreuses attaques contre l'occupant allemand avant d'être arrêté et fusillé au Mont Valérien le 21 février 1944 avec ses compagnons de la célèbre "Affiche rouge". Conçue pour convaincre l'opinion publique que les résistants étaient de dangereux terroristes étrangers, l'affiche rouge a complètement manqué son but : en ce début de 1944, alors que le sort de la guerre tournait partout en faveur des Alliés, l'Affiche rouge était la preuve que des jeunes, des ouvriers, des étrangers étaient prêts à sacrifier leur vie pour délivrer la patrie de la tyrannie nazie. La nuit, comme l'écrit Aragon dans son poème mis en musique par Léo Ferré, à côté de l'Affiche rouge, fleurissaient des inscriptions "Mort pour la France". Dans le Pas-de-Calais, on s'en souvient ! 

 


Pour Rappel

 

Article Paru en 2012 dans Liberté 62

 

A l’initiative des sections du PCF d’Arras et d’Izel-lès-Equerchin,  un émouvant hommage a été rendu à Rino Della Negra à Vimy où ce résistant communiste vit le jour en 1923.

Par Jacques Kmieciak

Chassés d’Italie par la misère, les parents de Rino Della Negra avaient trouvé refuge en Artois. C’est à Vimy au hasard du chantier du père que Rino voit le jour en 1923. Trois ans plus tard, la famille gagne la banlieue parisienne et Argenteuil. Elle habite « un quartier marqué par une très forte présence italienne. L’arrivée de Benito Mussolini au pouvoir et la répression contre tous ceux qui refusent le fascisme conduit des milliers de Napolitains, de Vénitiens ou de Siciliens vers l’exil », rappelle, ému, René Chevalier au nom de la section d’Arras du PCF.

Du STO à la clandestinité

Employé aux usines Chausson à Asnières, Rino est soumis à l’obligation du Service du Travail obligatoire (STO) en Allemagne, dès 1943. Perspective qu’il refuse alors et précipite son engagement dans la résistance communiste. « Il s’enfuit et passe dans la clandestinité. Il rejoint un groupe italien commandé par Marino Maretti, des Francs-Tireurs et Partisans – Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI), une des organisations de lutte armée du Parti communiste », poursuit René Chevalier.

Fusillé au Mont-Valérien !

Rino Della Negra est arrêté le 12 novembre 1943, puis fusillé au Mont-Valérien, le 21 février 1944, à l’âge de 21 ans, « comme les autres membres du groupe Manouchian » ; seule la Roumaine Olga Bancic sera décapitée quelques mois plus tard en Allemagne. Les visages de neuf d’entre eux illustreront la fameuse Affiche rouge chantée par Léo Ferré. Des terroristes ? Non. Des résistants antifascistes et anticapitalistes épris de liberté !

CIMG2467.JPG


Ils étaient Français, Italiens, Espagnols…

Ce vendredi 24 février 2012, une gerbe a été déposée au pied de la plaque qui rappelle le sacrifice de Rino. Trois jours plus tôt, en présence d’Hervé Poly, 1er secrétaire de la Fédération du Pas-de-Calais du PCF et de Jean-Michel Humez du PCF de Lens, une cérémonie similaire s’était déroulée à Pont-à-Vendin en hommage à Césare Luccarini. Celui-ci appartenait également au groupe Manouchian. Ils étaient communistes, jeunes pour la plupart.Ils étaient Français, Italiens, Espagnols, Polonais, Hongrois,Roumains, Arméniens. Ils sont morts pour la France… à l’heure où tant de Français dit « de souche » sombraient dans la collaboration. A méditer à l’heure où la Bête immonde prétend renaître de ses cendres…

 


Dernière Lettre de Missak Manouchian Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée, Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais. Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps. Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération. Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari. Manouchian Michel. P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.
Dernière Lettre de Missak Manouchian 


Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.

Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.

Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

Manouchian Michel.

P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.
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