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Le blog de Hervé Poly

Solidarité : Malo-les-bains. Une journée d’été contre la politique d’austérité

29 Août 2011, 09:13am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

 Près de 6 000 personnes ont profité de la Journée à la mer, initiée par les communistes du Nord, jeudi à Malo-les-Bains. L’occasion 
de faire un point sur le vécu et les attentes des familles. 

 

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Nord, envoyée spéciale.

 

Jeudi 25 août 2011. Pas besoin de prendre connaissance des chiffres d’audience de TF1. En allant, au-devant des familles qui descendent des 86 autocars affrétés par les communistes du Nord pour une journée de « détente et d’action » à la mer, à Malo-les-Bains, il est évident que l’allocution télévisée du premier ministre, la veille au soir, n’a pas attiré les foules. « Plus moche la vie », voilà la vérité la plus largement partagée, ici. Une vérité, un fait pour Stéphanie, qui se mesure « à chaque fois qu’on fait les courses ». La jeune mère de famille est bien embarrassée pour parler politique. « La gauche, la droite, je n’y comprends rien », répète-t-elle, ajoutant avec sincérité qu’elle est là, avec le Parti communiste, justement parce qu’elle a « de plus en plus envie de comprendre ». Formée dans le domaine de la vente, elle est bien plus à l’aise quand il s’agit de décrire à quel point elle se sent « dévalorisée » dans son emploi d’hôtesse de caisse en CDD. Si « la vie est chère, les places aussi ! ». Quand cet emploi s’est présenté, elle a « sauté dessus ». Mais le magasin est situé à 44 kilomètres de son domicile et « au prix où est l’essence, ça fait mal ».

 

Jean-Marc travaille chez Bombardier. Il aspire à un "changement de politique en matière industrielle". Mais rien à espérer du gouvernement actuel.


Jean-Marc, lui, travaille dans l’industrie ferroviaire, chez Bombardier à Crespin, dans le Valenciennois, et il a « la trouille ». « Je suis électricien, nous travaillons actuellement sur des rames pour les RER d’Île-de-France. Mais pour réduire les coûts, on achète du matériel de basse qualité et on sous-traite en Pologne. Résultat : quarante voitures viennent de revenir avec des défauts. Il faut refaire tout le câblage ! Au final, ça va coûter plus cher que si nous avions fait le travail tout de suite nous-mêmes ! » Les rumeurs de chômage partiel dû à des retards de paiement de la part de la SNCF se précisent. Il aspire à un « changement de politique en matière industrielle ». Mais rien à espérer du gouvernement actuel, « pour ça, il faut changer d’étiquette politique ». Il faut en finir avec la politique de droite, « parce que nous, les gens de la quarantaine, on n’a finalement connu que ça ! », clame Thierry, demandeur d’emploi, qui résume le plan d’austérité présenté par le gouvernement en une phrase : « Ils vont taxer le Coca-Cola, mais pas Coca-Cola ! » Image bien trouvée, d’autant qu’il y a une usine de la marque, ici dans le Dunkerquois qui a connu des mouvements de grève retentissants en 2008.

 

Salaires, emplois, et remettre à plat la réforme des retraites, ce sont pour Michel et Michelle (un couple d’ouvriers retraités de Roubaix), les clés de sortie de crise en France. « La gauche au pouvoir, oui, mais laquelle ? », questionnent-ils, ironiquement. « Le problème c’est que les socialistes ont voté tous les principes qui ont conduit à la crise au niveau européen ! ». Jean-Luc Mélenchon a été socialiste, analysent-ils, « oui, mais depuis qu’il a été désigné par les communistes pour représenter le Front de gauche, on le voit nettement moins dans les médias, c’est la preuve que les choix des communistes font peur au gouvernement ! » L’enjeu maintenant, selon eux, est « d’afficher dans la rue un Front de gauche très fort et très persuasif », et surtout « de convaincre les miséreux de sortir de leur isolement pour qu’ils rejoignent les manifs et les actions ». Ils en auront l’occasion fin octobre, début novembre. Fabien Roussel, secrétaire de la Fédération PCF du Nord, et Hervé Poly, son homologue du Pas-de-Calais, déclarent en effet travailler à l’organisation d’une marche, qui autour des questions du pouvoir d’achat doit étayer « une série de propositions qui concerneront la France, mais qui doivent aussi venir de l’Europe ».


L’Europe, pour Laurence, quarante ans, et les sept enfants de sa famille recomposée, c’est l’euro. Cet euro qui a permis de « faire augmenter tous les prix sans en avoir l’air ». « Quand j’étais jeune, nous étions six à la maison avec mes parents. On ne manquait de rien alors que mon père ne gagnait que 2 000 francs par mois, parce que les aides sociales et la gratuité de plein de choses permettaient de vivre. » Aujourd’hui, avec 400 euros de RSA et les allocations, inutile de dire que les mois sont longs. « On a la CMU, d’accord, mais quand les enfants sont malades, on demande au médecin de ne pas nous prescrire de médicaments non remboursés, alors plus de sirop, par exemple… » Enceinte d’un huitième enfant, elle ne travaille pas en ce moment. Mais une chose est sûre, elle gagnait plus en intérim à bosser pour un labo pharmaceutique qu’en CDI au smic dans son usine de bonbons. « Un bon salaire mais la précarité plutôt qu’un petit salaire un peu plus durable, bref, ça ne va jamais bien. » Son compagnon est parti faire les vendanges. Il ne profitera « même pas » de cette journée à la mer. Sept ans, que le couple n’est pas parti en vacances. Dix ans au moins que Laurence n’est pas allée aux urnes. En 2012, elle y retournera. « Pour virer Sarkozy », dans l’espoir qu’il y ait « de nouveau du travail ». Sa fille de quatorze ans lui conseille de voter « Marine ». Laurence semble désolée, enchaîne pour détourner le débat : « ils vont taxer les cigarettes et l’alcool, pas grave, les gens iront en acheter en Belgique, mais mettre un rôti de bœuf sur la table, en tous les cas, pour nous, c’est impossible. »


« le choix entre deux règles d’or » 

 

« Orienter le débat sur les déficits est un calcul politique qui nourrit un climat 
de peur, de crainte et d’angoisse », déclare Alain Bocquet. Une angoisse que 
l’on trouve chez les salariés, mais aussi chez « les dirigeants de PME, 
les artisans et les commerçants », souligne le député communiste du Nord, appelant à « reprendre conscience que l’industrie est le fer de lance 
de l’économie, le développement des activités tertiaires, si chères à certains, étant lui-même conditionné au dynamisme industriel ». L’élu appelle les militants à travailler à ce que « le peuple reprenne confiance » et « qu’il se mêle 
des débats du budget 2012 qui fixera les choix ». Et en la matière, 
« il n’y a pas qu’une règle possible », selon Alain Bocquet, mais deux : 
« La règle du veau d’or Sarkozy ou la règle de l’humain d’abord, la nôtre ! »

Laurence Mauriaucourt

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