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Le blog de Hervé Poly

Lens : Cinq cents personnes dans la rue pour refuser le plan d'austérité

13 Octobre 2011, 07:30am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

 Derrière les syndicats unis, les manifestants réclamaient une «meilleure répartition des richesses».
Derrière les syndicats unis, les manifestants réclamaient une «meilleure répartition des richesses».

|  LES VISAGES DE L'ACTUALITÉ |

« On fait encore payer ceux qui n'y sont pour rien ». C'est un « ras-le-bol » de plus qui a poussé, hier matin, près de cinq cents personnes dans les rues de Lens. Dans le viseur de l'union intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa qui appelait à une journée nationale d'action interprofessionnelle, le plan d'austérité du gouvernement. Eux réclament, unanimes, une « meilleure répartition des richesses ».

 

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La météo ne les a pas découragés. Place du Cantin, sur les coups de 10 heures, ils sont déjà près de quatre cents. « Moins que pour les manifs concernant les retraites en novembre dernier » note René, couleurs CGT. Le trésorier est amer : « Tout le monde se plaint des augmentations des coûts de la vie mais les gens sont moins mobilisés qu'avant. » Pourtant, « ici les gens connaissent l'austérité depuis longtemps » ajoute Dany Coolen. « Et là, c'est une couche de plus » soupire le responsable CGT du bassin d'emploi Lens-liévin.

« Ras-le-bol ! »

Dans sa bouche et dans toutes celles interrogées, le même constat revient : « On reproche au gouvernement de faire encore payer ceux qui n'y sont pour rien alors que les plus aisés, qui sont à l'origine de la crise, sont les moins taxés » résume Michel Crépin, secrétaire général CFDT pour l'Artois et le Douaisis. « Ras-le-bol que ce soit les actionnaires qui ramassent le fruit de notre travail » précise Éric Niemier, qui défile couvert d'un dossard CGT Veolia eau. « Et ce sont les jeunes et les seniors qui trinquent le plus » surenchérit le délégué CFDT. Un peu plus loin dans le cortège, trois ados confirment. Pancartes hautes, ils distribuent des tracts : « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, cette société-là on n'en veut pas ! » Sur le boulevard Émile-Basly, en fin de défilé au milieu des bannières de Sud, Sébastien Paris n'oublie pas ses collègues et les suppressions de postes dans l'Éducation nationale, « au détriment de l'avenir des jeunes ». Le professeur de physique et d'électricité appliquée ne digère pas les dix postes de profs supprimés dans son lycée d'Hénin-Beaumont : « On est en train de dépecer le service public.

 

 » Il s'est fait entendre le 27 septembre dernier, jour de grève nationale. Et comptait bien en remettre une couche hier.

Le cortège de cinq cents personnes a enfin fait halte devant les marches de la sous-préfecture. Le temps, pour les représentants des différents syndicats, de se partager la lecture d'un communiqué commun : « Pour relancer la croissance, en respectant les impératifs de développement durable, réduire les inégalités et maîtriser les déficits, une politique visant une autre répartition des richesses favorisant le développement économique et social est incontournable. » Concrètement, ils exigent différentes mesures : faire de l'emploi une priorité et stopper les suppressions dans la fonction publique supprimer les exonérations et la défiscalisation des heures supplémentaires soutenir le pouvoir d'achat et réduire les inégalités entre les hommes et les femmes abandonner la taxation des complémentaires santé ou encore mettre en oeuvre la taxe sur les transactions financières.

Vaste programme. En attendant, Dany Coolen, satisfait du nombre de participants « même si ça pourrait être mieux », sait que ce n'était pas son dernier cortège lensois. Au micro, il tempête : « À bientôt ! Plus nombreux dans la rue et nous les feront plier !

 

PAR PIERRE ROUANET

lens@info-artois.fr PHOTOS « LA VOIX »

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