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Le blog de Hervé Poly

Léandre Létoquart Raconte (9) Un personnage Broutchoux

26 Août 2013, 00:00am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

 Première Partie : "de la première gaillette" à 36

Chapitre 1 : "Le Parti Ouvrier conquiert la mairie"...

Un personnage Broutchoux

 C'est dans cette période agitée que va apparaitre un homme, appelé à jouer un rôle important durant toute la période qui précède la guerre 14-18. Il s'agit de Benoît Broutchoux, un arnacho-syndicaliste chassé de Montceaux-les-Mines. Travaillant dans une fosse, il y avait fondé un groupe anarchiste. Militant actif, il est à l'époque, suivi en permanence par un commissaire spécial de police qui s'est juré de l'avoir. Aussi arrive ce qui devait arriver : Broutchoux lui casse la figure. broutchoux_b_noit.jpg Il échappe à l'arrestation et il est condamné par défaut à six mois de prison et deux ans d'interdiction de séjour par le tribunal de Cahlon-sur-Saone. Afin d'éviter l'incarcération, Broutchoux se réfugie en Suisse. Croyant bénéficier de l'amnistie, il rentre à Montceau.

 

Hélas, l'amnistie ne s'applique pas à son cas et il doit tirer quatre mois de prison. A sa sortie de prison, il est incoporé. C'est après avoir effectué son service que Benoît Broutchoux arrive, en novembre 1901, à Auchel où il rejoint un groupe de mineurs révoqués de Montceau-les-Mines. Il ne tarde pas à se fixer à Lens avec son épouse Ferninande Richir, une anachiste de l'Oise. Il travaille au four à coke de la fosse 8 de Lens où il devient délégué. On ne peut pas dire qu'entre l'anarchiste Broutchoux et les guesdistes ce soit le grand amour. Toutefois, malgrè leurs divergences, ils vont pendant douze ans de 1902 à 1914 se retrouver pour nombre d'entr'eux au sein de la fédération syndicale des Mineurs, aussi nommé "le jeune syndicat en opposition au "Vieux Syndicat" de Basly.

C'est dans le "Jeune Syndicat" que militent la grande majorité des membres du P.O.F et leur leader régional, l'avionnais Octave Delcourt; d'autres guesdistes y jouent un rôle important : Norange, qui tient un café à Lens, envoyé dans le Bassin-Minier par Jules Guesde et aussi l'harnésien Georges Dumoulin, qui toutefois s'oppose souvent à Broutchoux.

Paul_Lafargue.jpg

Aussi on peut, en résumant, estimer qu'au début du XXeme siècle trois force politiques excercent leur influence à Avion. La plus importante est le Parti Ouvrier Français, viennet ensuite le Vieux syndicat puis le jeune syndicat. Il existe, dans le Pas-de-Calais, une fédération socialiste autonome. Elle est dominée par Basly qui la contrôle et oriente son activité en fonction de ses objectifs électoraux. La fédération socialiste n'a pas grande influence à Avion. Certes Basly, Lamendin, Evrard viennent y tenir des réunions, mais sans perséverer car Avion se situe, par le découpage électoral, dans la circonscription d'Arras et de ce fait ne représente aucun intérêt électoral, ni pour Basly, ni pour Lamendin. Ce que craint beaucoup plus Basly, c'est de voir le P.O.F déborder des limites avionnaises; d'ailleurs son rayonnement atteint bien vite Sallaumines, Méricourt, Rouvroy et Harnes.

 

Aujourd'hui encore, la personnalité de Basly est très contreversée. Il reste un modèle pour le parti socialsite qui vante surtout "l'ardent défenseur des mineurs", "le promoteur des Conventions d'Arras", le père de la retraite des mineurs, le reconstructeur de la ville de Lens, après sa démolition en 14-18. C'est vrai que Basly déploie une grande activité. Intelligent, il a acquis une connaissance approfondie des problèmes miniers. Il est à la Chambre des députés le spécialiste des question minières dont il lit avec attention les revues spécialisées. Il connaît les statistiques et ce ce plan personne ne peut lui en "remettre".

 

Tout au long de sa carrière, il privilégie la négociation à l'action. La grève lui semble néfaste. Parfois même son souci d'éviter l'action le mène à composer directement avec les représentants des compagnies minières. Pourtant, quand la grève est inévitable, il sait s'y rallier et tout faire pour récupérer et y mettre fin. A l'opposé, les guedistes considèrent la grève, non seulement comme le moyen de faire céder les compagnies, mais surtout comme une forme supérieure visant à élever la conscience de classe des mineurs et à les préparer à des baitailles de plus grandes envergures.

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