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Le blog de Hervé Poly

Léandre Létoquart Raconte (5) Découverte du charbon

29 Juillet 2013, 10:29am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

Première Partie : "de la première gaillette" à 36


Chapitre 1 : "Le Parti Ouvrier conquiert la mairie"...

Découverte du charbon

L'extraction du charbon dans le Nord-Pas-de-Calais existe bien avant que ne soit ouvert un puits de mine à Avion. Au 17eme siècle, un gisement charbonnier est découvert dans le boulonnais. En 1718, les mines d'Hardinghem et de Rety sont en activité. Après la révolution, la production à Hardinghem est de 10.000 tonnes. Le charbon du boulonnais, ce combustible solide qui remplace le bois et la tourbe, modes de chauffage traditionnels à l'époqie est très demandé. Un peu plus tard, l'exploitation s'étend à ce qui va devenir le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Vers 1735, on découvre du charbon dans le valenciennois. En 1757, les mines d'Anzin, avec 26 puits, sont les plus importants de France.

mines_d__Anzin.jpg A partir de 1759, des sociétés de recherches font des sondage en Artois, vers Arras, Saint-Pol et Saint Omer. sans succès in résultats positifs.

 

C’est seulement en 1841 que les recherches permettent de découvrir des couches importantes de charbon à Oignies. Elles vont alors se multiplier. Des sociétés des mines, des compagnies minières, groupant des actionnaires qui ont flairé le bon filon, se créent. C’est ainsi que la Société des Mines de COURRIERES fait exécuter en 1855 un premier sondage au Calvaire d’AVION, à l’angle actuel des rues de la Bastille et Charles Helle. Ce sondage, de 351 mètres, permet la découverte de petites veines mais sera arrêté. Entre temps sont créées les concessions des mines de LENS et de COURRIERES et plus tard celle de LIEVIN. AVION se situe à la limite de ces trois concessions qui se rencontrent à proximité de la mairie et du parc Lénine.

 

La Loi sur l’exploitation du sous-sol fait obligation au concessionnaire de conserver à ses limites un stot. C’est ainsi que le sous-sol sur lequel sera construite l’ancienne mairie ne fut pas exploité. En 1842 est creusée, à proximité de la rivière « La Souchez » et du ruisseau « La Glissoire », la fosse 5 de LENS. Cette fosse, située derrière l’actuelle Gare de LENS, surplombe le marais d’AVION. Son creusement est difficile à cause des nappes d’eau nécessitant la mise en œuvre de deux fortes pompes d’épuisement. On devine combien a été pénible le travail des ouvriers chargés du creusement, travail effectué au pic, à la pelle, à la rivelaine, sous les chutes d’eau ruisselant le long des parois du puits. La couche de charbon est atteinte en 1874 et bientôt ce puits, doté d’une installation moderne, est mis en exploitation. Si, à cette époque, la concession minière s’étend sur près des 4/5 de notre territoire, c’est donc à la limite de LENS qu’entre production le premier puits avionnais. La compagnie de LIEVIN, dont l’un des administrateurs est le brasseur François COURTIN, ne veut pas demeurer en reste. Elle effectue en décembre 1871, un sondage à partir de l’emplacement qui devint par la suite le carreau de la fosse 4.

 

En cet endroit, le charbon se présente en deux couches de 0.35 m et 0.44 m séparées par 0.18 m de schistes. Une dizaine d’années passent avant que les travaux ne soient poursuivis. C’est au début de 1890 que commence l’installation du siège. Le puits n°4, qui doit servir d’entrée d’air, est attaqué le 10 novembre 1890 et terminé, à la profondeur de 440 mètres, le 3 février 1893. Pour le retour d’air, le puits 4 bis creusé à partir du 1er septembre 1892 atteint le 23 décembre 1894, 455 mètres. Les travaux ont été menés « tambour battant ». Marius LATEUR, dans son ouvrage intitulé « AVION dans la Gohelle et le Pas-de-Calais » relate cette anecdote assez amusante : « Dés que les mineurs du fonçage n°4 (AVION) découvrirent la première veine de charbon aussitôt leur journée de travail terminée, ils remontèrent une grosse gaillette et la promenèrent sur un brancard, placé sur les épaules, dans les rues de notre commune, en chantant et en s’arrêtant aux principaux cabarets pour boire des chopes de bière. Le premier cabaret où ils s’arrêtèrent, fut le cabaret POULAIN (ancien délégué mineur et premier adjoint) près de la sortie de la mine, immédiatement après avoir passé le pont (actuellement maison DELAHAYE). Après cette promenade de gais mineurs en « loques de fosse » (tenue de travail), M. POULAIN fit peindre sur son enseigne : « A la première Gaillette » et les deux mineurs transportant cette gaillette. Que de fois, étant gamins, nous avons regardé cette enseigne ». Tout de suite l’extraction bat son plein. La moyenne des tailles se situe à 1,20 m. Mais certaines vont bien au-delà : Edouard : 1,50 m ; Du Souich : 1, 70 m ; Léonard : 1, 85 m ; Alfred : 1, 60 m. Il s’agit d’une ouverture appréciable, permettant un bon rendement. C’est ainsi qu’en 1899, dernière année du XIXème siècle, le puits 4 fournit 348.196 tonnes, d’un charbon de bonne qualité, extrait par 1.122 ouvriers du fond et 165 pour le jour. Ce puits est franchement grisouteux. Il dégage, en 1899, 0,120m3 de grisou à la seconde. La présence de ce gaz nécessite une puissante aération et oblige les mineurs à travailler dans la chaleur mais aussi dans les courants d’air, balayant bowettes, voies et tailles.

 


 

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