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Le blog de Hervé Poly

La CGT s'insurge : « La direction touche de l'argent alors que les postes diminuent »

15 Avril 2011, 08:25am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

Convention de revitalisation du bassin d'emploi Béthune/Bruay

La CGT s'insurge : « La direction touche de l'argent alors que les postes diminuent »

jeudi 14.04.2011, 14:00

Les représentants de la CGT se sont réunis.
Les représentants de la CGT se sont réunis.

Le Bassin minier est fragilisé en matière de chômage. Le syndicat CGT annonce une augmentation de 4,2 % de 2009 à 2010. Des données inquiétantes, d'autant plus qu'une convention de revitalisation de l'emploi pour le bassin Béthune/Bruay (de Douvrin à Auchel) existe depuis plus d'un an et qu'il n'y a pas d'amélioration significative.

Le document engage les pouvoirs publics et les trois grandes entreprises du territoire : Française de Mécanique, Faurécia et Filartois.
Les syndicats ne voient pas de résultats satisfaisants, bien au contraire. C'est dans ce cadre que se sont réunis les représentants de la CGT-FM, de celle de Faurécia, du comité CGT de Renault et du comité départemental. Ensemble ils ont échangé quelques informations et surtout prévu des actions de protestation.
« Nous voulons dénoncer la mascarade des pouvoirs publics concernant la préservation de l'emploi », annonce le secrétaire de la CGT-FM Alain Labarre. « Nous n'avons pas de réponse du sous-préfet, ou en tout cas très évasive, lorsque nous demandons où nous en sommes... » La CGT affirme avoir écrit trois fois au sous-préfet, sans obtenir de réponse satisfaisante. « On a l'impression que tout se fait dans leur coin et que l'on nous met de côté. Nous avons d'ailleurs appris par la presse que le projet de crèche sur le site du Siziaf faisait partie de cette convention, nous n'étions pas au courant avant. » La crèche inter-entreprise vient d'ouvrir ce lundi 10 avril. Pour le syndicat, « ce n'est pas quelques emplois de service qui vont maintenir la bonne santé du secteur industriel ».

Un manque
de transparence

Dominique Ben, du comité départemental CGT, se joint à Alain Labarre : « Nous dénonçons un manque de transparence de la part des pouvoirs publics. Non seulement, on ne nous informe pas assez mais, en plus, les informations que nous communiquent les chefs d'entreprise sont contradictoires avec ce qu'il y a dans la convention tripartite. Par exemple, la FM annonce qu'elle ne versera pas un centime pour la création des emplois mais qu'elle se porte garant auprès des banques. Dans la convention, il est pourtant stipulé que les entreprises doivent verser 1 000 euros par emploi créé ».
Face à l'incohérence et à la diminution du nombre d'emplois, le syndicat appelle à l'union des forces salariales et prévoit des actions et des propositions.
Dans son communiqué, la CGT évoque 2 200 emplois en moins à la FM depuis la disparition de la fonderie par exemple, ou encore la disparition de deux tiers des effectifs de Faurécia. Quant à Filartois, aucune nouvelle n'est donnée concernant la dizaine de salariés qui travaillaient encore lors de la fermeture de l'usine.
« Une réunion de l'union départementale est prévue pour bientôt, annonce Alain Labarre. Nous allons demander aux municipalités de se mobiliser en mettant à disposition une urne pour récolter des demandes d'emploi. Nous porterons ces demandes en sous-préfecture par la suite. » De plus, un communiqué de quatre pages sera distribué dans les entreprises du bassin, dans les boîtes aux lettres, ainsi que dans les mairies.

Des propositions
Enfin, un appel à la manifestation est lancé pour le 28 avril. Si le rendez-vous était initialement prévu à Douai, la CGT invite les salariés à se rendre place de marseille à Arras, dès 15 heures.
« Nous exigeons également la reconnaissance de la pénibilité de travail pour pouvoir partir à 55 ans, » note Dominique Ben. Le syndicat a calculé que plus d'un quart des 22 000 salariés qui travaillent dans l'industrie de Béthune-Bruay ont 50 ans et plus.
« Grâce à la retraite anticipée, nous pourrions gagner 5 000 postes », peut-on lire dans le journal de quatre pages édité par la CGT.
D'autre part, le syndicat a noté qu'une augmentation du pouvoir d'achat pouvait maintenir la bonne santé de l'industrie et prend pour exemple la prime à la casse. Il propose donc une hausse du pouvoir d'achat pour remédier au chômage.
« Il n'est pas normal que les directions touchent de l'argent pour redynamiser l'emploi et que, derrière, les postes diminuent. Il faut agir, nous voulons des réponses », conclut Thérèse Lecocq, secrétaire de la CGT-Faurécia.

Mélanie LOUF

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