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Le blog de Hervé Poly

Fin de l’occupation à Fraisnor

17 Septembre 2013, 00:00am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

A l’usine de Feuchy, après six mois de lutte, les salariés ont rendu les armes. Une « formidable aventure militante » qui restera cependant un « échec syndical» dont la CGT tire les premières leçons.

 

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 Dès juillet, des vigiles sécurisaient le lieu, la nuit. En août, la vingtaine d’ex-salariés de Fraisnor toujours en lutte votaient la levée de l’occupation diurne de l’entreprise de Feuchy, près d’Arras, spécialisée dans la fabrication de lasagnes. Engagée à la fin février dans la foulée de l’avènement du scandale de la viande de cheval, ce combat très médiatisé et aux multiples rebondissements s’est soldé par «un échec puisque nous n’avons pas réussi à sauver les emplois », souligne Christian Delépine. Il s’agit toutefois « d’une réussite militante et humaine », tempère le chef de file de la CGT Fraisnor. Il en dresse le constat « que les travailleurs n’ont rien à attendre de responsables politiques au pouvoir, localement ou nationalement, qu’ils soient du PS ou de l’UMP. Ils ne contrôlent pas l’économie. C’est perdre son temps que de les solliciter. Je ne mets pas dans le même sac les élus communistes qui n’exercent pas les rênes du pouvoir et qui, à l’image du sénateur Dominique Watrin ou de l’Arrageois René Chevalier, ont toujours été à nos côtés, sur le terrain. En fait, si on veut sauver une entreprise, soit on réussit à imposer une collectivisation, soit on s’adresse directement aux capitalistes ». Un désenchantement qui vise aussi l’Etat : « Il nous a abandonnés alors qu’il est en partie responsable de la crise de la viande de cheval par son désengagement en matière de contrôle sanitaire. »

 

« Des raisons d’être fiers »


Christian Delépine et d’autres militants de la CGT partent cependant avec la satisfaction « d’avoir, ces dernières années, su protéger les salariés en imposant notre syndicat. Cela restera ma plus grande fierté. Ici, la CGT faisait peur ; c’est peut-être aussi pour cette raison qu’aucun repreneur ne s’est manifesté. Certains se seraient bien appropriés la société, mais délestée d’une CGT de combat  », poursuit-il. Sur la centaine de travailleurs licenciés, 90 % ont opté pour le Contrat de Sécurisation professionnelle qui leur assure « 80 % du salaire brut pendant un an et une formation ». Les autres pointent à Pôle Emploi. Quelques-uns ont retrouvé du travail, « en CDD ou comme intérimaire ». Dans un bassin déjà frappé par les fermetures de Meryl Fiber puis de Doux, leur avenir professionnel s’annonce incertain... même si une société flamande spécialisée dans le conditionnement de porcelets serait intéressée par une reprise des bâtiments. « Si l’affaire se conclut, son activité ne démarrera pas avant 2014. De toutes les façons, elle ne sera pas en mesure de reprendre l’ensemble du personnel. » Ici, on ne s’en laisse plus conter.

 

Jacques KMIECIAK

Liberté Hebdo Nord-Pas-de-Calais

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