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Le blog de Hervé Poly

En France, le cercle des opposants à l’aventure militaire s’élargit

1 Septembre 2013, 00:40am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

Politique - le 30 Août 2013


  À gauche comme à droite, des forces et des personnalités politiques appellent le gouvernement à respecter la légalité internationale et à faire prévaloir les solutions politiques.

 

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L’intervention militaire en Syrie, dont le président français semble vouloir être le chef de file ou du moins le plus déterminé à la mettre en œuvre, ne fait pas l’unanimité dans notre pays. Loin s’en faut. Les critiques, de gauche comme de droite, sur sa pertinence et les risques qu’elle fait courir à la paix dans cette partie du monde s’expriment chaque jour un peu plus. À gauche, c’est pour l’instant essentiellement le Front de gauche qui monte au créneau pour dire son opposition à l’option militaire. Le député PCF André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), refusant de « se fier aveuglément aux seules déclarations anglo-américaines » sur l’utilisation par le gouvernement syrien des armes chimiques, demande « d’attendre les conclusions de l’enquête des inspecteurs de l’ONU ». D’autant que toute intervention se déciderait aujourd’hui « en dehors de toute légalité internationale » et conduirait à « une dé-stabilisation généralisée de toute la région ». « La prudence n’est pas synonyme d’inaction », conclut-il, appelant « la France à être à l’initiative d’un sommet des principaux acteurs (directs et indirects) de ce conflit ».

 

À droite, l’ex-premier ministre Dominique de Villepin qui, au nom de la France, avait su dire non à la tribune de l’ONU à la participation de notre pays à la guerre en Irak en 2003, déclarait hier : 
« Des frappes militaires nous éloigneraient d’un règlement politique et diplomatique et n’apporteraient en aucune façon une amélioration du sort des populations. » Pour Axel Poniatowski, vice-président UMP de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, cette intervention « serait malvenue et témoignerait que la diplomatie française et des Occidentaux relève davantage de l’émotion que de la raison ». De son côté, Nathalie Goulet (UDI), membre de la commission de la Défense au 
Sénat, déplore « une diplomatie du coup de menton » et annonce qu’elle « ne soutiendra pas une action militaire tardive et dangereuse ». Même son de cloche chez Jean-Marie Bockel, ex-ministre de Nicolas Sarkozy et sénateur centriste , qui appelle à « ne pas fermer la porte aux tractations diplomatiques, au sein de l’ONU, avec la Russie ».

 

Du côté associatif, le Mouvement de la paix, à l’initiative de plusieurs rassemblements depuis hier, avertit : « Envisager une intervention militaire en dehors des Nations unies, malgré le risque conséquent d’un embrasement de toute la région, consiste à se poser en juge et gendarme du monde, à alimenter le cercle infernal des logiques de guerre en négligeant l’intérêt des peuples. » De même, l’Association républicaine des anciens combattants (Arac), estime que « la réalité de ce pays devrait amener la communauté internationale à tout faire pour trouver une solution politique ». Deux sondages montrent que l’opinion est partagée sur cette intervention militaire. Pour CSA, 45 % des Français y sont favorables contre 40 % opposés, l’Ifop mesurant 55 % d’opinion favorable, contre 45 %. Cela ne fait pas un soutien populaire, d’autant que le débat va s’amplifier.

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