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Le blog de Hervé Poly

Décès à l'hôpital Cochin : le rapport qui cache la sursaturation des urgences

1 Mars 2014, 09:01am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

Pour tenter de couper court à la polémique sur l'attente aux urgences depuis la fermeture de celles de l'Hôtel-Dieu, l'AP-HP rend public les conclusions de l'enquête sur le décès d'une patiente de 61 ans, trouvée morte six heures après son arrivée aux urgences de l'hôpital Cochin.

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"La communication verbale entre les différents intervenants semble peu privilégiée", est-il écrit dans le rapport de l'enquête ouverte par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont dépend l'hôpital Cochin, quelques jours après le décès de la sexagénaire le 15 février. Les auteurs du rapport qui note que la patiente, dont le personnel pensait qu'elle était partie des urgences, aurait pu être localisée plus tôt "l'anomalie qui préoccupe est de ne pas avoir trouvé la patiente et non pas son décès".

 

Cette patiente, transférée à 16h30 par les pompiers aux urgences à la suite d'une "blessure au pied par un morceau de verre", a été retrouvée morte six heures plus tard, vers 23 heures. Pendant ce temps, elle était assise en zone d'attente, en face du poste de l'infirmier d'organisation de l'accueil, qui lui avait mesuré la température, la pression artérielle et la fréquence cardiaque. Il a estimé que son cas n'exigeait pas la venue immédiate d'un médecin. Certains membres du personnel disent qu'elle semblait toujours vivante jusqu'à 22h00. Toutefois, deux personnels médicaux qui se sont mis à sa recherche pour l'examiner à partir de 21h30 ne l'ont pas trouvée. Ils l'ont appelée à plusieurs reprises et ont fini par conclure qu'elle avait dû partir des urgences d'elle-même. Le décès a été constaté à 23h10. Selon le rapport, "trois éléments auraient pu permettre de localiser la patiente": la consultation d'un logiciel spécialisé, une demande directe à l'infirmier d'accueil et la vérification des bracelets d'identification des patients. Le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch, avait déjà reconnu mardi des "erreurs d'organisation" mais "pas de faute individuelle".

 

"Le service d'urgences complètement saturé" selon la CGT


"Les actions correctrices ont été enclenchées dès les premiers constats réalisés", affirme l'AP-HP dans un communiqué. Le rapport recommande notamment de vérifier "un à un les bracelets des patients présents dans les zones de surveillance" lorsqu'un appel ne donne rien, mais aussi de s'assurer que l'ensemble des soignants, y compris étudiants, maîtrisent le logiciel de localisation - qui n'a pas été utilisé par les médecins juniors le 15 février. Quant à la cause du décès, le document évoque une "mort subite présumée d'origine cardiaque". Ce diagnostic a été "retenu après analyse du dossier médical et scanner post mortem à défaut d'autopsie refusée par les proches". Comme l'avait déjà soutenu l'AP-HP, le rapport estime que les effectifs étaient suffisants. Cinquante-quatre patients étaient dans la zone de soins à 21h20. Le comité de soutien de l’Hôtel-Dieu, Hôpital pour tous, et la CGT avaient affirmé que 
« le service d’urgences était complètement saturé comme le sont quotidiennement toutes les urgences parisiennes ».

 

"Cela fait des mois que l'on tire la sonnette d'alarme"


" L’augmentation des volumes d’activité est incompatible avec la sécurité des patients et des personnels de santé", avait dénoncé dans l'Humanité Christophe Prudhomme, médecin urgentiste syndiqué à la CGT. Même constation du côté de Gérald Kierzek, qui travaille à l'hôpital Cochin et fait figure de fer de lance dans le combat contre la fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu, dans un entretien au Parisien, la semaine dernière, le médecin urgentiste a déclaré que "cela fait des mois que l'on tire la sonnette d'alarme. Pour un soignant, ce qui est arrivé est insupportable. Si on continue à fermer les centres d'urgence de proximité, nous pouvons nous attendre à une longue liste de décès comme celui de cette dame. Or, on ferme le service d'urgences de l'Hôtel-Dieu, à taille humaine, pour faire des gros centres comme Cochin. On voit les conséquences..."

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