Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Hervé Poly

À Arras, la ville se meurt

6 Janvier 2014, 10:39am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

article de l'avenir de l’Artois.

                                                                      Conseiller municipal depuis quelques mois, le communiste René Chevalier mènera une liste Front de gauche lors des prochaines élections municipales.

Un peu plus d'une semaine après que le Parti de gauche a annoncé son intention de faire cavalier seul dans la bataille électorale, le secrétaire de la section PCF d'Arras répond sans concessions à nos questions. L'élu se veut « rassembleur » mais n'en demeure pas moins incisif.

 

 

 

 

 

Où en est le Parti communiste dans sa campagne des municipales ?


Pour l'instant, notre liste est prête. On finalise un programme.

Nous avons distribué 16 000 tracts à Arras.

C'est évident, nous sommes partants, ce que nous avions déjà dit il y a plus de deux ans. Pour l'instant, nous partons seuls. Nous avons eu des petits soucis avec le Parti de gauche .

Nous sommes dans une liste de rassemblement contre la droite qui tient Arras depuis deux mandats, et contre l'extrême-droite.

Nous avons une liste de rassemblement assez large.

En tant que conseiller municipal, je représente ceux que l'on n'entend pas, ceux des quartiers, les familles qui sont dans le besoin et qui n'osent pas s'exprimer. Pour moi, la ville d'Arras est foncièrement à gauche. Mais depuis deux mandats, on a du mal à reprendre cette mairie.


Où en sont les tractations avec le PS ?

Il y a des tractations. On avisera selon ce que l'on nous propose. Une décision sera prise mi-janvier.


Qu'est-ce qu'une bonne proposition ?


On a des réunions ensemble afin d'en discuter. On parle de places éligibles. Mais tout doit être validé par la section, les 43 membres de la liste Front de gauche puis par la fédération. Mais je ne suis pas opposé à un rassemblement.


Toutes ces candidatures à gauche ne risquent-elles pas de profiter au maire actuel Frédéric Leturque ?


Nous, nous allons continuer dans le rassemblement. Il y a une dynamique qui s'est créée sur Arras. Certes, on va avoir des difficultés. Mais, on travaille le terrain, comme le fait Leturque. On n'a pas un programme avec cinquante thèmes. Pas la peine de se perdre dans toutes ses thématiques.


Justement, quel est ce programme ?


Nous avons un programme autour de quatre grands thèmes.

Tout d'abord, la gratuité des transports urbains. On a été plus ou moins écoutés là-dessus par les élus de la majorité avec la mise en place de la Citadine (Initiée par la CUA, NDLR). C'est une réussite, il faut le savoir. Elle est empruntée en moyenne par 500 personnes par jour.

Nous, nous voulons élargir ce dispositif au territoire de la communauté urbaine. Parce qu'il y a un besoin et il y a une demande.

Ces thématiques, nous sommes allés les chercher auprès de la population. Voyager gratuitement, c'est aussi augmenter le pouvoir d'achat.
Notre deuxième thématique, c'est la gestion de l'eau. Il faut revoir en 2015 la délégation de service public et offrir plusieurs mètres cubes aux familles en grandes difficultés financières.
La création d'un centre de soins est notre troisième thème. Il y a quelque temps, nous avions un centre de soins au tarif de la sécurité sociale. Ce centre a disparu. Rien n'a été fait pour continuer la mise en place de ces centres de soin communaux dans les quartiers. Ces tarifs sécurité sociale, c'est important car la ville se paupérise : 17,2 % de la population est au chômage, 25 % de ces chômeurs ont moins de 25 ans.


À Arras, la ville se meurt. Il y a une vraie désertification du commerce en centre-ville qui n'est pas sans conséquences pour les familles à faibles revenus car elles sont obligées de prendre un transport urbain pour faire quelques courses à l'extérieur d'Arras. Parce que les offres commerciales sont malheureusement à l'extérieur du centre-ville.
Notre quatrième grand thème est la démocratisation du sport et de la culture.

À Arras, la culture est cantonnée au centre-ville, à l'exception du Pharos. Il faut aussi une politique sportive plus populaire et pas uniquement centrée sur deux sports : le basket et le football.


Quel bilan tirez-vous de l'action de la majorité en place ?


Je suis effaré des dépenses qui sont faites pour les cabinets d'expertise. Je pense qu'on a des experts à Arras, à la mairie. Pourquoi fait-on appel à ces cabinets ? Nos experts sont plus idiots que les autres ?
Sont-ils compétents ?

J'avais aussi interpellé la mairie pour la création d'un musée Robespierre. On donne bien des sommes énormes pour les carrosses. On nous gave de royauté. La cité de Robespierre est désormais obligée d'accueillir la royauté. Et ça va continuer pendant dix ans.


Qui fera partie de votre liste ?


On a essayé de faire une liste avec des gens de tous les quartiers pour harmoniser Arras. Ce sont des personnes lambda issues d'associations, de syndicats. Il n'y a pas que des militants communistes. On est extrêmement ouverts.
On se veut rassembleur pour battre la droite. Dans notre liste, on n'a pas que des gens qui font de la politique, on a des gens qui la subissent cette politique.

Le fait que vous soyez conseiller municipal, cela vous rend-t-il plus identifiable ? Cela vous donne-t-il plus de poids dans le débat public ?

 
Il faut rester humble. Il faut savoir que dans la journée, toute la semaine, je porte des toiles bleues. Le soir, je vais en réunion, je vais en commission. Bien sûr, ma journée commence à 4h30-5h. Elle finit à 23h30-0h. Je dors très peu et comme les élections approchent, c'est de pire en pire.


Quel objectif vous fixez-vous ?


Je n'en sais rien. Je n'ai pas de boule de cristal. Là, on est à 100 jours des élections. Je trouve que cette campagne démarre doucement. On suit la cadence, mais on travaille. On travaille le terrain, ça, on sait le faire.



                                             PROPOS RECUEILLIS PAR Antoine DA SILVA

Commenter cet article