Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Hervé Poly

Avion : Non aux expulsions

5 Avril 2017, 09:46am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

Avion : Non aux expulsions
Distribution tract hôpital de Lens

Distribution tract hôpital de Lens

Prise de parole de Dominique Watrin 

Centre Hospitalier de Lens

Mardi 4 avril 2017

Chers amis, chers camarades,

Mesdames et Messieurs les patients, les usagers, les soignants, les médecins de l’hôpital de Lens,

Merci à vous toutes et tous pour votre accueil (chaleureux) sur cette terre d’hospitalité, de convivialité et de lutte qu’est l’ancien Bassin Minier.

Je tiens à saluer particulièrement la présence d’Hervé Poly, Secrétaire de la Fédération du PCF, de Cathy Apourceau et des maires des communes environnantes :....

C’est cette mobilisation, ce cri d’espoir et d’avenir pour notre système de santé, pour un hôpital public à la hauteur de ses missions de service public que mes deux collègues sénatrices communistes, Annie David et Laurence Cohen (qui sont à mes côtés), rapporteront dans leur département respectif : l’Isère et le Val-de-Marne. Et non le minable veto opposé à notre venue par le Président du Conseil de surveillance du CHL, cinquième adjoint au Maire de Lens !

On n’étouffe pas en effet la voix des habitants, même en bafouant les règles les plus élémentaires de l’accueil républicain et en interdisant l’accès de cet hôpital à trois parlementaires en visite de travail !

Mais qu’à cela ne tienne ! Le Centre Hospitalier de Lens, c’est l’affaire de tous. Nous sommes tous à un titre ou à un autre le Centre Hospitalier de Lens !

Et personne, aussi haut placé soit-il, n’a la capacité d’arrêter la parole que vous avez commencé à prendre pour dénoncer l’épuisement du personnel soignant et la détérioration des soins prodigués aux patients.

Les choses sont claires. Mes deux collègues sénatrices et moi-même, nous ne sommes pas venus prêcher la bonne parole mais simplement vous la rendre ! Cette indignation qui monte chaque jour d’un cran contre la maltraitante institutionnelle, aucun gouvernant, aucun gestionnaire même le plus zélé des politiques d’austérité, ne saura la faire taire !

Je veux saluer ici l’initiative prise par quelques membres du personnel soignant et médical qui ont eu le courage de briser le mur du silence imposé par les autorités en initiant la pétition « Hôpital de LENS saturé: maintenant ça suffit! ». Pétition qui approche ou dépasse les 1000 signatures. Non à un hôpital au service des économies, oui à un hôpital au service de notre santé. Je veux aussi remercier la Section de Lens du Parti Communiste Français qui a relayé le rassemblement d’aujourd’hui et popularisé des propositions d’urgence pour l’hôpital de Lens toute la journée de dimanche sur la braderie de Lens. 500 Lensois ont signé en une journée !

Je sais les pressions qui sont exercées sur les syndicats, sur les personnels, le corps médical de cet établissement soumis à cet insupportable chantage : « tais-toi sinon l’investissement prévu pour le nouvel hôpital pourrait être compromis ».

Les témoignages des soignants, des médecins, des militants sincères attachés au service public de santé n’en sont que plus remarquables !

Je vais faire maintenant la lecture d’une cinquantaine de phrases choc extraites de ces témoignages. Si elles font froid dans le dos, elles nous invitent d’abord à ne rien lâcher de notre juste combat pour un hôpital public à Lens à la hauteur des besoins de santé du territoire, aujourd’hui et demain.

Faut-il rappeler que nous sommes classés 348ème sur 348 territoires de santé en France et que les gouvernements successifs nous refusent un Centre Hospitalier Universitaire depuis des décennies alors que notre département compte plus de 1,4 million d’habitants !

 

(lecture des témoignages)

Et bien oui, mes amis, nous sommes là, trois parlementaires à avoir répondu à cet appel, brisant l’indifférence généralisée des autres forces politiques face à la souffrance du personnel soignant et à celle des patients.

Pourquoi cette venue ?

Nous avons pensé que nos interpellations incessantes auprès de la Ministre de la Santé, notre combat sans concession contre les budgets d’austerité, nos propositions ambitieuses pour répondre aux défis sanitaires de notre pays et réduire les inégalités sociales et territoriales de santé, tout cela devait être confronté aux réalités du terrain et mis en débat.

Nous avons donc profité de la suspension des séances publiques du Sénat en cette période électorale pour visiter ensemble chacun de nos Départements. Voilà la vérité.

Nous avons ainsi pu mesurer l’indignation et même la colère du personnel soignant des services psychiatriques de l’Isère, soumis à des restructurations à la baisse comme partout en France, jusqu’à remettre en cause le sens même de leur métier.

Les 30 et 31 mai nous serons dans le Val-de-Marne sur la question là aussi des urgences et de la permanence des soins.

Et notre tour de France ne s’arrêtera peut-être pas là car c’est heureusement un salutaire mouvement qui accompagne chacun de nos déplacements.

Nous aurions préféré bien sûr pouvoir entrer dans cet hôpital. Nous avions demandé à visiter ce qu’il était décemment possible de visiter : des urgences dont chacun connaît la situation de saturation permanente. Nous aurions voulu entendre les représentants syndicaux et rencontrer le Directeur pour connaitre ses propositions… Mais vous connaissez la suite !

J’ai voulu aussi, pour ma part, prolonger et amplifier les actions que je mène depuis le début de mon mandat sur les questions de santé et les multiples interpellations que j’ai déjà effectuées à tous les niveaux en faveur de l’hôpital de Lens.

Alors à M. Daubresse qui m’accuse de « gesticulation politique à l’approche d’élections » (craindrait-il les élections ?), je rappellerai :

- que le service des urgences est le miroir de l’état sanitaire d’un territoire ;

- que les politiques d’austérité qu’il soutient sévissent partout en France mais frappent encore plus durement les territoires déjà fragilisés.

Il faut donc en premier lieu remettre en cause la loi HPST de Mme Bachelot et la loi Santé de Mme Touraine car elles ont sanctuarisé la conception d’un hôpital-entreprise et soumis la gestion des dépenses de santé à des logiques comptables au lieu qu’elles répondent aux besoins des habitants. 4 milliards d’euros d’économies en 3 ans imposées par ce gouvernement à l’hôpital public, des fermetures de lits, de services, d’hôpitaux de proximité… toutes ces restrictions sont insupportables quand dans le même temps les besoins de santé augmentent avec le progrès scientifique, le vieillissement de la population, le développement des maladies chroniques ou celui de la technicité des personnels.

Voilà la logique qu’il faut inverser d’urgence par un mouvement aussi déterminé en France que celui que vous manifestez ici aujourd’hui.

En second lieu, nous devons exiger que le prochain gouvernement s’attaque à cette injustice insupportable devant la maladie et la mort que ce territoire subit depuis trop longtemps avec une espérance de vie amputée de 3 ans en moyenne et des taux de surmortalité évitable jusqu’à 60% supérieurs à la moyenne nationale.

Or c’est possible ! Nous proposons avec le PCF :

1. Un Centre Hospitalier Universitaire qui garantirait l’attractivité à 30 ou 40 km à la ronde pour l’installation de nouveaux généralistes et spécialistes, permettant de rattraper nos retards sanitaires.

2. La modernisation des Centres de Santé du Régime Minier ouverts à tous au lieu de les fermer les uns après les autres.

3. Un service public de soins de premier recours, organisant la cohérence des prises en charge entre médecine libérale, centre de santé et hôpital public, rétablissant la permanence des soins la nuit et le weekend, désengorgeant ainsi les urgences.

4. La fin du numerus clausus dans les études de médecine, pour augmenter le nombre de praticiens de santé.

Et que M. Daubresse ne vienne pas nous dire que les communistes sortiraient ces propositions de leur chapeau à l’approche d’échéances électorales !

Car ces propositions, je les ai portées auprès de Mme Touraine dans le débat solennel sur la santé le 22 janvier 2014 ! J’ai même interrogé directement la Ministre de l’Enseignement Supérieur sur ces mêmes sujets lors d’une Question Orale le 27 mai 2014, qui m’a répondu ceci :

« La participation du Pôle Hospitalier de Lens aux missions d’enseignement et de recherche que vous proposez M. Watrin sera étudiée en liaison avec le CHU de Lille. » Mais nous attendons toujours la suite !

Chers amis, chers camarades,

Merci à vous.

Merci aux personnels de santé qui se mobilisent car c’est le sens profond du métier qui est remis en cause : celui de venir en aide aux malades.

Je conclurai en reprenant les propos de Mireille Stivala, Secrétaire Générale de la CGT Santé :

« On nous dit que l’emploi n’a pas baissé à l’hôpital, sauf que l’activité a beaucoup augmenté. C’est pour cette raison que les personnels craquent : les salaires sont gelés depuis 2010, la perte de pouvoir d’achat s’élève à 1000€ par an pour des agents en début de carrière, on a des agents à Bac +3 qui démarrent juste au-dessus du Smic ! Nous exigeons un moratoire sur les fermetures de lits, de services, d’établissements. Nous exigeons une hausse de l’ONDAM, l’arrêt de la casse des métiers du social et des mesures d’économies qui asphyxient notre système de santé. »

 

Merci