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Le blog de Hervé Poly

Burn-out

11 Mai 2015, 04:43am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

Burn-out

Deux rencontres, deux occasions de discuter de luttes, de conditions de travail. À Saint-Omer d’abord lors d’une réunion de section. On parle des dernières élections départementales, de cette politique gouvernementale qui suscite colère et opposition. On parle travail, du bassin de vie qui se rapproche d’un taux de chômage aussi désastreux que dans le Calaisis. On évoque Arc-International et surtout ce qui fait l’actualité, Arjowiggins à Wizernes. Un an déjà que les salariés sont suspendus au devenir de leur usine, un an de lutte qui use les organismes, les nerfs. Des hauts et des bas d’une lutte hautement menée par les camarades de la Filpac CGT. On sent la fatigue, la lassitude, l’incertitude d’une éventuelle reprise au rabais, mais aussi et surtout la colère après la décision honteuse de la Direccte de ne pas soutenir les salariés.

Alors on se serre les coudes, on déleste un copain quand il est au bord de craquer. On le met en repos, on parle de la lutte à mener demain. C’est la veille du 1er mai alors avec anticipation on se souhaite un bon 1er mai et on débat encore des luttes à mener pour l’emploi, pour les services publics notamment du scandale de la Carsat et d’une action future.

Arras, le lendemain, c’est le 1er mai, Salon du livre, rendez-vous 10 h 00 comme chaque année pour manifester. Là, je rencontre des camarades du SNES, de la CGT, du parti et bien d’autres encore. Je vois de nombreux camarades déterminés même si nous ne sommes pas assez nombreux. Beaucoup de sujets sont abordés comme on peut le faire en pareil cas. Je revois des copains d’Arras dont mon camarade facteur. Il est en arrêt, il a craqué, 54 ans, pleins les bottes. Il remonte tout doucement la pente. Heureux de manifester en ce 1er mai 2015. Il ne se résigne pas mais cherche une reconversion, il n’a plus la force de faire ce qu’il faisait auparavant, usé jusqu’aux os.

Le syndicat CGT, son syndicat a pris son dossier en main. Il a bon espoir me dit-il avec sa gouaille habituelle. Il me redit être heureux d’être là, d’être avec ses camarades pour tenir le stand de la section. Ça lui fait le plus grand bien et à nous aussi

C’est aux détours de ces rencontres que l’on mesure mieux l’épuisement au travail devenu un fléau de notre temps et on se dit que l’allègement du temps de travail, le départ à la retraite à 55 ans pour les travaux pénibles seraient les bienvenues face à une telle situation vécue par mon camarade préposé à la distribution postale.

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