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Le blog de Hervé Poly

A notre Camarade Claude Vanza

31 Décembre 2014, 08:46am

Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

 

Ci dessous la prise de parole lors des obséque de notre camarade Claude.

 

Obsèques de Claude Vanza, 29 décembre 2014

 

Mesdames, Messieurs,

 

Cher(e)s ami(e)s et Camarades,

 

Jean-Claude Vanzavelberg ou plutôt Claude Vanza ou encore le père Claude comme nous l'appleions à la JC n'est plus.

 

Cette terrible nouvelle nous est parvenue au lendemain de Noël, une figure du PCF du Pas-de-Calais nous a quittés.

 

Nous voici réunis pour te rendre hommage Claude, pour exprimer cette immense peine qui nous est commune, nous, ta famille, tes amis, tes camarades ou tout simplement des calaisiens.

 

Comment te rendre hommage Claude, comment te rendre tout ce que tu nous as donnés ?

 

Comment rendre compte de ce que tu as été, tout ce que tu as fait pour cette ville et ses habitants, tout ce que tu as fait et apporté au Parti communiste ?

 

Alors je parlerai surtout de l'homme, le militant au singulier que tu étais dans ce monde de plus en plus fou et injuste, ce bloc d'humanité que tu incarnais.

 

Ta modestie, ton humilité vont sans doute en souffrir un peu mais nous tenions à te rendre hommage.

 

Né en 1952, fils de mineur, tu es né dans le bassin minier à Angres non loin de Lens. Très jeune et tes convictions naissantes te font participer à la création de l'Union Nationale des Lycéens. Très tôt, tu t'engages à la Jeunesse communiste où tu deviens le responsable départemental de la JC. Ton adhésion au parti, tu la concrétises en 1970. Très vite, on te confie des responsabilités alors que tu viens de terminer ton service militaire pour prendre le chemin de l'Education Nationale, le parti fait appel à toi et souhaite faire de toi un responsable. Tu deviens permanent à la jeunesse et tu aides, fort de ton expérience, au développement de la JC. Tu aides cette orga (la JC) à laquelle tu tiens particulièrement à développer les batailles contre les guerres coloniales, pour la libération d'Angela Davis, celle déjà de Nelson Mandela ou encore ce combat permanent pour la paix dans le monde.

 

Presque parallèlement à tes responsabilités, tu deviens un peu plus tard en 1977 adjoint au maire de Angres, puis le parti te demande d'aller donner un coup de main à Bruay-la-Buissière pour enfin arriver à Calais que tu as marqué de ton empreinte.

 

En ces moments difficiles pour nous, pour tes enfants, ta famille, tes camarades, comment ne pas penser à ton épouse partie en 2011, penser à ta compagne Marie-Noëlle dont la solidarité était ses battements de cœur en faveur de ceux qui fuient les guerres, la misère, les dictatures, la barbarie. A raison, tu n'aimais pas ce terme devenu trop commun de migrants car tu savais bien ce qu'ils fuyaient.

 

Ton combat c'est celui de l'humain, celui de l'homme debout, de celui qui sait que tout est à construire, à arracher des griffes du capital.

 

Alors tu t'es inscrit avec générosité, conviction, persévérance dans le long combat pour l'émancipation humaine.

 

Jamais tu n'as renoncé à ton idéal, jamais tu n'as cru à cette fable de la fin de l'histoire. Ce conte pour enfants qui voulait nous faire croire que c'était la fin de la lutte des classes.

 

Le mot fidélité à ta vie, à ton engagement militant n'est pas un vain mot.

Il résume un choix de vie, un engagement conscient fait de sincérité et d'humilité.

 

Homme intelligent, tu as pris soin à la formation des cadres du parti, à la formation des militants.

 

Je te vois travailler au plan de formation des militants, à la future école du parti.

 

Je te vois salle du matériel, rue de la gare à Lens à la Fédération prendre le matériel de propa.

 

Je te vois éteindre ta cigarette pour entrer au bureau fédéral et partir le premier seulement un fois la réunion finie pour conduire le matos au siège de Calais, boulevard Lafayette.

 

Je te vois intervenir lors d'un comité fédéral où ta voix, tes interventions étaient écoutées.

 

Je te vois nous parler en septembre du plan de travail jusque la fin de l'année des militants communistes de Calais.

 

Je te vois organisant cette belle conférence fédérale à Calais, je te vois parler de Liberté, d'appeler pour faire le point de ta page hebdomadaire qui rendait compte des réalités du calaisis.

 

Je te vois venir me chercher comme tant d'autres pour ma première réunion à la Jeunesse communiste.

 

Je te vois encore nous parler de ta réunion de cellule toute particulière qu'était d'aller faire tes courses. C'est que tu voyais le plus de camarades de ta cellule.

 

Je te vois cheveux mi-longs, et ta barbe qui faisait de toi plus vieux quand tu étais jeune et plus jeune quand tu avais de l'âge.

 

Une autre marque de fabrique que ce look très loin du costume cravate.

Il faisait de toi, avec ses cheveux et cette barbe, une sorte de gentleman révolutionnaire.

 

J'ai l'image d'un homme pouvant lire des textes théoriques et à la fois très organisé, méticuleux.

 

Je te vois encore bras nus et ces morceaux de papiers, ces notes que tu glissais dans ta poche de chemisette après avoir pris un numéro de tel, une adresse d'un nouvel adhérent ou les références d'un livre.

 

Je te vois, et comme tous ici, je me dis que tu aurais pu rester encore un peu.

 

Mais voilà toi-même tu aurais dit ainsi va la vie en haussant les épaules avec cette retenue qui te caractérise.

 

Oui ta vie est parallèle à celle du Parti communiste.

 

Ton combat, tes combats, sont malheureusement d'une actualité brûlante. Toute ta vie, tu t'es battu pour l'égalité, la justice sociale, contre toute forme de xénophobie, de populisme.

 

Toute une vie au service des autres, pour unir, pour rassembler les plus humbles contre celles et ceux qui ne pensent qu'à diviser. Tu aimais les débats dans ton parti et tu avais un profond respect du choix des communistes en veillant avec vigilance à la faire respecter.

 

Tu étais, Claude, un dirigeant, un grand dirigeant de notre fédération.

 

Nous continuerons le combat que tu as mené pour les valeurs humaines, pour l'idéal communiste. Tu nous as enseignés tellement de choses, tu as tracé une voie Claude, celle qui aide à lever les yeux et à redresser la tête.

 

Tu le sais mieux que quiconque, ce n'est ni à la taille, ni à quoi que ce soit que l’on reconnaît les grands hommes. Tu en es une illustration et permets-moi de citer Jacques Duclos qui écrivait en conclusion d'un livre : «  Ce que mes yeux ne pourront pas voir, d'autres yeux le verront. Et la lumière l'emportera sur les ténèbres, la vie est plus forte que la mort ».

 

A tes trois enfants, à ta famille, à tes amis et camarades, vous pouvez être fiers de Claude, de son idéal et de tout ce qu'il a apporté à la population de Calais, au Parti communiste.

 

C'est un dirigeant qui nous quitte.

Au nom de la Fédération communiste du Pas-de-Calais, dont il a toujours soutenu les combats, je vous présente les plus sincères condoléances des communistes du Pas-de-Calais.

 

Encore un mot, toi le fils du bassin minier qui m'expliqua un jour qu'à Calais, on colle quand le vent est calme. Malgré ce vent maritime, tu as réussi à prendre racine sur notre beau littoral.

A toi, né dans le bassin minier, toi qui a semé et tracé un si beau sillon pour toi qui était un militant de la lutte des classes, cette dernière phrase de Germinal :

 

« Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre ».

 

Adieu camarade, Adieu Claude.